Maisons de retraite : Michèle Delaunay veut "une régulation des tarifs"

La ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de l'Autonomie souhaite améliorer l'accès aux maisons de retraite et établissements pour personnes âgés "sous couvert d'une régulation des tarifs", a-t-elle affirmé vendredi à Marseille.

Améliorer l'accès des personnes âgées aux maisons de retraite. C'est l'un des objectifs de la réforme de Michèle Delaunay, chargée des Personnes âgées et de l'autonomie. Pour y parvenir, la ministre déléguée compte améliorer "les aides publiques" pour l'accès aux établissements pour personnes âgés "sous couvert d'une régulation des tarifs", a-t-elle affirmé vendredi à Marseille, où se tenait le 13eme congrès national des maisons de retraite privées.

"Nous devons, en concertation avec tous les acteurs du secteur, réfléchir à ces mécanismes de régulation (permettant l'accès pour tous aux maisons de retraite, Ndlr)", a indiqué la ministre dans la perspective de sa réforme sur la prise en charge des personnes âgées. En effet, "il existe de fortes disparités de tarifs entre maisons de retraite, impliquant de fortes inégalités d'accès, commente-t-on dans l'entourage de Michèle Delaunay. Par exemple, "dans la région parisienne et en région PACA, les prix sont bien plus élevés", ajoute une porte-parole, interrogée par MYTF1News.

Alléger les dépenses des familles

En moyenne, le placement d'une personne âgée en maison de retraite (hors aides) s'élève à 1.500 euros par mois et peut coûter jusqu'à 3.000 euros par mois en région parisienne. Actuellement, l'aide accordée aux familles ne couvre, en moyenne, qu'un quart des dépenses. "Le coût moyen brut est en moyenne à 1.938€ (377€ pour la dépendance et 1.554€ pour l'hébergement), alors que l'aide totale est en moyenne de 470€ (dont 230€ pour l'Allocation Personnalisée d'Autonomie)", indique-t-on au ministère. Une fois les aides publiques déduites, les familles doivent alors payer ce qu'on appelle "un reste à charge". "Notre objectif est donc de peser sur ce reste à charge", ajoute-t-on.

Craignant que l'augmentation des aides publiques entraîne la hausse des tarifs pratiqués par les maisons de retraite, la ministre déléguée a affirmé sa volonté que "les dispositifs d'aides" ne créent pas "d'effet d'aubaine, comme pour le logement".

Pour "une aide ciblée"

Du côté des professionnels du secteur privé, la déléguée générale du Syndicat national des maisons de retraite privées (Synerpa), Florence Arnaiz-Maumé, a affirmé son hostilité au plafonnement du prix de journée. "Le plafonnement ne nous apparaît pas comme une solution, car 80% des établissements ont déjà leurs tarifs plafonnés, et ça n'a pas réglé le problème des familles sur l'accessibilité" (des établissements), a-t-elle déclaré, soulignant que les maisons privées ne représentent que 20% de l'offre, majoritairement constituée "de maisons de retraites publiques et associatives".

Ainsi, Florence Arnaiz-Maumé plaide pour "une aide ciblée en fonction des conditions de ressources" qui viserait les classes moyennes, qui ne peuvent prétendre à une prise en charge totale du prix de journée par les conseils généraux et dont les revenus sont insuffisants pour payer seuls le tarif d'un établissement privé, a-t-elle expliqué.

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